<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Nouvelles et Récits | David Giuliano Contes &amp; Cuisine</title>
	<atom:link href="https://david-giuliano.com/category/nouvelles-et-recits/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://david-giuliano.com</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Fri, 24 Oct 2025 12:45:20 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-BE</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Rêve de Kamakura</title>
		<link>https://david-giuliano.com/reve-de-kamakura/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[David Giuliano]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Mar 2025 10:00:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nouvelles et Récits]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://david-giuliano.com/?p=3761</guid>

					<description><![CDATA[]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="et_pb_section et_pb_section_0 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
				<div class="et_pb_row et_pb_row_0">
				<div class="et_pb_column et_pb_column_4_4 et_pb_column_0  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough et-last-child">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_module et_pb_post_title et_pb_post_title_0 et_pb_bg_layout_light  et_pb_text_align_left"   >
				
				
				
				
				
				<div class="et_pb_title_container">
					<h1 class="entry-title">Rêve de Kamakura</h1>
				</div>
				
			</div><div class="et_pb_module et_pb_image et_pb_image_0">
				
				
				
				
				<span class="et_pb_image_wrap "><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2047" height="453" src="https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2025/03/Mont-Fuji.jpg" alt="Biscuits de Noël pour illustrer le roman &quot;Les Tartes de Noël&quot; de David Giuliano" title="Mont Fuji" srcset="https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2025/03/Mont-Fuji.jpg 2047w, https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2025/03/Mont-Fuji-1280x283.jpg 1280w, https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2025/03/Mont-Fuji-980x217.jpg 980w, https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2025/03/Mont-Fuji-480x106.jpg 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) and (max-width: 1280px) 1280px, (min-width: 1281px) 2047px, 100vw" class="wp-image-3763" /></span>
			</div><div class="et_pb_module et_pb_text et_pb_text_0  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_text_inner"><p><a href="#chapitre1">Chapitre 1</a> — <a href="#chapitre2">Chapitre 2</a> </p></div>
			</div><div class="et_pb_module et_pb_text et_pb_text_1  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_text_inner"><p><span id="chapitre1" style="text-decoration: underline;"><strong>Chapitre 1 &#8211; Simon</strong></span></p>
<p>Une larme coulait le long de la joue de Simon. Le film venait de se terminer et, comme à chaque fois, cette belle histoire d&rsquo;amour l&rsquo;avait touché. Du bout du doigt, il l&rsquo;essuya tout en se grattant la joue, histoire de noyer le poisson. Un coup d&rsquo;œil à gauche puis à droite : ça va, aucun de ses potes assis à côté de lui ne l&rsquo;avait pris en flagrant délit de cœur d&rsquo;artichaut.</p>
<p>Il s&rsquo;étira, mais après une douzaine d&rsquo;heures de vol, il ne savait plus trop comment se positionner pour trouver une posture confortable. Il replia la tablette, se redressa et s&rsquo;excusa auprès de son voisin de gauche. Quelques pas dans l&rsquo;allée pour se dégourdir les jambes lui feraient du bien.</p>
<p>Marcher dans les allées étroites d&rsquo;un avion classe économique restait un moment d&rsquo;observation scientifique digne des éthologues les plus réputés, surtout après douze heures de vol. Simon se vit rassuré de croiser le regard de quelques personnes qui, comme lui, semblaient au bout de leur vie et n&rsquo;attendaient qu&rsquo;une chose : débarquer. Par contre, il y vit aussi des Japonais en costume, la coiffure impeccable, la cravate bien en place et aussi frais qu&rsquo;un gardon. Il remarqua enfin les quelques Mac Gyver de la cabine qui se retrouvaient avec l&rsquo;attirail du parfait voyageur : un bandeau sur les yeux, un coussin de voyage <em>Totoro </em>autour du cou, et surtout la chance de pouvoir s&rsquo;étaler sur deux sièges.</p>
<p>La file pour les toilettes étant réduite à peau de chagrin, il en profita pour y faire un passage. Sans doute le dernier avant l&rsquo;atterrissage tant attendu. Il regagna son siège, boucla sa ceinture et ferma les yeux. Même s&rsquo;il ne dormait pas, toute illusion de repos serait bonne à prendre.</p>
<p>« <em>Mesdames et messieurs, veuillez redresser votre siège, soulever votre tablette. Nous sommes en phase d&rsquo;approche et allons atterrir très prochainement</em>. »</p>
<p>Simon émergea de sa torpeur. Enfin ! Ses amis autour de lui se remettaient eux aussi à vivre. Il lisait dans leurs yeux fatigue et excitation qui se mêlaient joyeusement.</p>
<p>Ça y est, il y était. Le groupe venait de sortir de l&rsquo;avion et faisait ses premiers pas au Japon. Les couloirs d&rsquo;un aéroport ne vendent jamais du rêve, mais le simple fait de déchiffrer les rares <em>kanji</em> qu&rsquo;ils reconnaissaient, d&rsquo;entendre des publicités en japonais, de surprendre des conversations en japonais, tout cela leur faisait comprendre qu&rsquo;ils étaient bien arrivés dans ce pays dont ils avaient tant rêvé.</p>
<p>Et ensuite, ce fut le choc. Simon se figea net devant un escalator, à quelques pas des toilettes. Sur le mur, il y vit les personnages de Mario Bros qui lui souhaitaient une belle arrivée au Japon.<br /><em>Alors c&rsquo;est vraiment vrai ? Tout est aussi kawaii ici ?</em> se demandait-il.<br />Cela valait bien une première photo sur son smartphone.</p>
<p>Il rattrapa son groupe d&rsquo;amis puis vint le moment de l&rsquo;immigration et de la douane. Il le savait, il y aurait du monde. Pourtant, il s&rsquo;étonna de passer en une petite demi-heure à peine. Ce n&rsquo;était pas pour lui déplaire vu la fatigue qu&rsquo;il traînait déjà. Un regard sur la grande horloge murale : 9h31. La journée serait longue&#8230;</p>
<p>Les bagages en main, il était enfin temps de sortir de là. Les voilà tous les cinq à suivre les indications de sortie, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;Alex se mit à crier : « <em>Regardez, un 7-Eleven !</em> » Ce fut la ruée. Le <em>konbini</em> était minuscule, mais c&rsquo;était le tout premier qu&rsquo;ils croisaient. Cela méritait bien un arrêt. Simon n&rsquo;avait qu&rsquo;une lubie en tête, lui : se payer son tout premier <em>melon pan </em>en terre nippone. Il se retrouva vite face aux brioches en tout genre pour trouver l&rsquo;élue de son cœur. Elle semblait moelleuse, légèrement sucrée, striée comme il fallait. Il prit un café froid pour l&rsquo;accompagner et paya le caissier, avant de déchirer l&#8217;emballage et de croquer dedans. Cela lui procura une sensation étrange, là, dans son ventre : ce plaisir qui se mêlait au goût légèrement sucré et à l&rsquo;excitation de vivre un rêve éveillé.</p>
<p>— Hé, Simon ! Tu comptes nous faire poireauter encore des heures ou on peut y aller ? demanda Aymeric en sirotant son thé froid.</p>
<p>Aymeric, c&rsquo;était le meilleur pote de Simon. Ils se connaissaient depuis qu&rsquo;ils avaient huit ans. Même s&rsquo;ils n&rsquo;étaient pas dans la même fac, ils se voyaient très régulièrement et partageaient de nombreuses passions, dont leur goût pour ce pays et l&rsquo;animation japonaise. Et puis, Aymeric était aussi la première personne à laquelle Simon s&rsquo;était confié lorsqu&rsquo;il avait une quinzaine d&rsquo;années.</p>
<p>La bouche pleine de <em>melon pan</em>, Simon bredouilla un « <em>j&rsquo;arrive »</em> et rejoignit le groupe. Ils suivirent les indications anglaises sur les panneaux, ne baragouinant que quelques mots de japonais. Enfin, presque pas. Simon, lui, avait suivi des cours du soir avant d&rsquo;entamer ce voyage. Il n&rsquo;était certes pas parfait bilingue, loin de là, mais il arrivait déjà à reconnaître les <em>hiragana </em>et les <em>katakana</em>, connaissait quelques structures de base ainsi qu&rsquo;une petite centaine de <em>kanji</em>. Il s&rsquo;était donc placé à la tête du groupe et les mena vers la gare ferroviaire. La première destination était Tokyo, mais Simon, lui, ne pensait qu&rsquo;à un endroit prévu à la fin du voyage et qu&rsquo;il avait découvert en lisant le manga <em>Kamakura Diary</em> : la ville de Kamakura.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>*****</strong></p>
<p>Un peu plus d&rsquo;une heure de train plus tard, les voilà arrivés en gare de Shinjuku. Leur hôtel se trouvant à Ikebukuro, ils n&rsquo;étaient donc pas encore arrivés à destination. Jérémie fut le premier à repérer le panneau vers les lignes JR, aka <em>Japan Railway</em>, et surtout la célèbre ligne verte du nom de <em>Yamanote</em>. Ils se retrouvèrent face aux guichets, insérant la <em>Suica Card</em> qu&rsquo;ils avaient commandée quelques semaines avant le voyage et reçue par la poste.</p>
<p>— Tu crois que cinq mille yens suffiront ? demanda Alex.<br />— Aucune idée, répondit Aymeric. De toute façon, on rajoutera de l&rsquo;argent si on en a besoin.</p>
<p>La carte dans une main, les valises dans l&rsquo;autre, ils passèrent les barrières pour se retrouver dans les couloirs et, enfin, sur la plateforme. Il y avait du monde déjà, mais pas autant qu&rsquo;ils avaient imaginé. On était en plein milieu de la journée, ce n&rsquo;était donc pas la foule des heures de pointe qu&rsquo;on voyait dans les vidéos sur internet. Ils avancèrent sur les quais et furent étonnés de voir chaque personne faire respectueusement la file. Ça changeait de ce qu&rsquo;ils connaissaient chez eux ! D&rsquo;un regard, ils surent que chacun avait bien compris. Esteban se plaça donc derrière un couple de retraités et les quatre autres amis lui emboîtèrent le pas.</p>
<p>— Oh ! Ecoutez, c&rsquo;est trop bien ! cria Aymeric, sans doute un peu trop fort vu que le couple juste devant eux s&rsquo;était retourné et leur jeta un regard outré.<br />Il courba légèrement la tête en guise d&rsquo;excuse, puis se tourna vers ses amis.<br />— Ce sont les jingles qu&rsquo;on a entendus sur YouTube. Tu te souviens, Simon ? Quand on planchait sur le voyage, on a trouvé des vidéos sur les transports en commun à Tokyo, et il y avait ces mêmes sons.</p>
<p>Simon tendit l&rsquo;oreille et sourit à Aymeric. Quelques secondes plus tard, leur métro arrivait. D&rsquo;abord les débarquements, puis la foule devant eux s&rsquo;engouffra dans la rame, suivie par la bande des cinq. Il y avait pas mal de place, ils ne dérangeaient donc personne avec leurs valises. Ils s&rsquo;accrochèrent là où ils le pouvaient et ce fut un autre rêve éveillé. Leurs yeux furent attirés par les dizaines de publicités affichées dans la voiture, ainsi que par les écrans qui diffusaient des spots publicitaires, indiquaient les arrêts ou encore la situation du trafic en temps réel. Esteban et Jérémie dégainèrent leur téléphone portable et se mirent à filmer. Aymeric, lui, se recoiffa avant de prendre quelques selfies. Alex et Simon, enfin, observaient le métro, les yeux remplis d&rsquo;étoiles.</p>
<p>—<em>Tsugi wa Ikebukuro</em>, annonça la voix dans le métro.<br />— C&rsquo;est ici qu&rsquo;on sort ! dit Alex à ses amis photographes et vidéastes amateurs.</p>
<p>Les portes s&rsquo;écartèrent, les amis sortirent du moyen de transport et suivirent les indications pour découvrir les rues de Tokyo. Du moins, c&rsquo;est ce qu&rsquo;ils croyaient. Ils se retrouvèrent dans un immense centre commercial avec des indications partant dans tous les sens, des centaines de personnes qui avançaient d&rsquo;un pas décidé, et aucune idée de l&rsquo;endroit où se rendre.</p>
<p>— Et maintenant ? demanda Jérémie.<br />— Maintenant, on remercie notre e-Sim et on consulte l&rsquo;app. pour nous indiquer le chemin, répondit Alex tout sourire.</p>
<p>Il prit la tête du groupe et les mena, peu confiant en ses capacités, mais bien plus en celles de l&rsquo;algorithme.<br />Les voilà enfin à l&rsquo;air libre, découvrant une partie de la capitale pour la première fois. De hauts bâtiments les entouraient. Il y avait du monde partout, même s&rsquo;ils étaient en début d&rsquo;après-midi. Une odeur de friture parvenait à leurs narines, et ils étaient entourés de nombreuses affiches de magasins dont ils n&rsquo;avaient jamais entendu parler. Ils auraient pu facilement se laisser distraire par l&rsquo;appel de la découverte, pourtant ils avaient une destination : leur hôtel. Une fois les valises déposées, ils pourraient revenir manger un bout, mais pas avant.<br />Alex reprit la position du leader et indiqua le chemin à travers les rues et ruelles de Ikebukuro. Après dix bonnes minutes de marche, les voilà arrivés devant l&rsquo;endroit qui les hébergerait pour leurs premières nuits. Ils franchirent les portes automatiques, se présentèrent à l&rsquo;accueil et remplirent tous les documents appropriés. Les deux chambres étaient déjà prêtes, une aubaine ! Ils montèrent au cinquième étage et insérèrent la clé magnétique dans la porte.</p>
<p>Simon partageait sa chambre avec Aymeric et Alex. Il y avait un grand lit double et un lit simple qui étaient disposés dans un espace relativement petit. Il y avait à peine assez de place pour bouger et y déposer leurs valises. Une porte menait vers la salle de bain. On y trouvait une toilette japonaise avec un dispositif de contrôle et de nombreux boutons juste à côté. C&rsquo;est comme il avait vu dans les vidéos ! Il y avait également une demi baignoire, mais aussi une douchette et un tabouret qui donnaient sur le sol, permettant ainsi de se laver d&rsquo;abord avant de pouvoir se relaxer dans un bon bain chaud.</p>
<p>— Les gars, venez voir, c&rsquo;est vraiment comme dans les vidéos ! dit Simon vers ses deux amis. Si vous voulez tester les toilettes, c&rsquo;est possible !<br />— Attends, j&rsquo;arrive, avertit Aymeric avant d&rsquo;entrer dans la salle de bain. Bon, vous sortez ? J&rsquo;aimerais tester.</p>
<p>Simon rejoignit Alex dans la chambre puis ils attendirent. Quelques minutes plus tard, Aymeric s&rsquo;esclaffa de rire en criant : « <em>Ça chatouille, ce truc »</em>. Il venait d&rsquo;essayer un des jets d&rsquo;eau de la toilette permettant de remplacer le papier toilette. Il sortit de la salle de bain en se bidonnant, puis les trois amis allèrent frapper à la porte voisine. Il était plus que temps de partir à la découverte de Tokyo.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Vous voulez la suite ? Il suffit de m&rsquo;éditer (ou d&rsquo;attendre que le roman soit publié en auto-édition) 😀</p></div>
			</div>
			</div>
				
				
				
				
			</div><div class="et_pb_row et_pb_row_1">
				<div class="et_pb_column et_pb_column_4_4 et_pb_column_1  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough et-last-child">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_module et_pb_divider et_pb_divider_0 et_pb_divider_position_center et_pb_space"><div class="et_pb_divider_internal"></div></div><div class="et_pb_module et_pb_text et_pb_text_2  et_pb_text_align_right et_pb_bg_layout_light">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_text_inner"><p><span>© </span>David Giuliano &#8211; 2024</p></div>
			</div><div class="et_pb_module et_pb_divider et_pb_divider_1 et_pb_divider_position_center et_pb_space"><div class="et_pb_divider_internal"></div></div>
			</div>
				
				
				
				
			</div>
				
				
			</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Gouttes de sommeil</title>
		<link>https://david-giuliano.com/gouttes-de-sommeil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[David Giuliano]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Nov 2024 16:18:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nouvelles et Récits]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://david-giuliano.com/?p=3661</guid>

					<description><![CDATA[]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="et_pb_section et_pb_section_1 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
				<div class="et_pb_row et_pb_row_2">
				<div class="et_pb_column et_pb_column_4_4 et_pb_column_2  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough et-last-child">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_module et_pb_post_title et_pb_post_title_1 et_pb_bg_layout_light  et_pb_text_align_left"   >
				
				
				
				
				
				<div class="et_pb_title_container">
					<h1 class="entry-title">Gouttes de sommeil</h1>
				</div>
				
			</div><div class="et_pb_module et_pb_image et_pb_image_1">
				
				
				
				
				<span class="et_pb_image_wrap "><img decoding="async" width="1280" height="312" src="https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2024/11/david-giuliano-gouttes-de-sommeil.webp" alt="&quot;Gouttes de sommeil&quot;, un récit de David Giuliano" title="" srcset="https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2024/11/david-giuliano-gouttes-de-sommeil.webp 1280w, https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2024/11/david-giuliano-gouttes-de-sommeil-980x239.webp 980w, https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2024/11/david-giuliano-gouttes-de-sommeil-480x117.webp 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1280px, 100vw" class="wp-image-3664" /></span>
			</div><div class="et_pb_module et_pb_text et_pb_text_3  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_text_inner">Un dimanche de novembre comme beaucoup d&rsquo;autres. La brume s&rsquo;était levée durant la nuit et enveloppait les rues d&rsquo;une voile cotonneux.<br />
Dans l&rsquo;appartement d&rsquo;Alice, tout était calme. Même les voisins et leurs enfants bruyant n&rsquo;avaient pas encore émis le moindre cri qui vrillait les oreilles. C&rsquo;est la sensation de froid qui a éveillé Alice. Elle l&rsquo;a d&rsquo;abord senti sur son nez, mais ça s&rsquo;est vite propagé sur son visage avant d&rsquo;attaquer le haut de son corps, ses jambes, jusqu&rsquo;au bout de ses orteils. Elle a soulevé les draps, la bouche encore pâteuse et les yeux à moitié collés par la poussière de rêves, a enfilé ses chaussons et a tenté de se redresser&#8230; avant de s&rsquo;effondrer sur son lit.</p>
<p>— Mais quelle heure il est ? a-t-elle gémi. Quoi ? 8h32 seulement ? Moi qui avais prévu une grasse mat&rsquo; jusqu&rsquo;à midi au moins.<br />
Elle a tenté de se relever à nouveau avant de se frotter les yeux avec le bout des doigts. Elle y a senti de l&rsquo;humidité. Quand elle a regardé, le bout de ses doigts était mouillé.<br />
— Je pleure ? Mais pour quelle raison ? En plus, je ne me souviens même plus de mon rêve.</p>
<p>Alice a fait une percée jusqu&rsquo;à la cuisine et s&rsquo;est laissée tomber sur le tabouret. Elle s&rsquo;est penchée pour appuyer sur le bouton de la machine à café, y a glissé une capsule, a trouvé une tasse à moitié propre et a pressé le bouton. La machine a vrombi et l&rsquo;odeur du café a empli ses narines pendant que le liquide brunâtre remplissait sa tasse. La jeune femme grelottait dans son pyjama de flanelle.</p>
<p>— On dirait que le chauffage ne s&rsquo;est pas mis en route.<br />
Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il se passe encore ? a-t-elle dit en râlant.</p>
<p>Elle s&rsquo;est dirigée vers le thermostat mais tout semblait opérationnel. Elle a monté la température de 2 degrés pour donner « un petit coup de fouet », puis s&rsquo;est assise dans le divan. La télécommande en main, elle a allumé le poste de télévision mais n&rsquo;a vu que de la neige sur l&rsquo;écran.</p>
<p>— Allons bon, maintenant c&rsquo;est la télé. Moi qui voulais passer une journée calme !</p>
<p>Les quelques claques données à la télé n&rsquo;ont rien changé à la situation. Elle a pris son téléphone portable sur le buffet, l&rsquo;a débranché de son chargeur et l&rsquo;a consulté. Aucun message reçu. Elle s&rsquo;est rendue sur ses réseaux sociaux préférés mais il n&rsquo;y avait rien de neuf depuis la veille. Evidemment, les gens devaient dormir à cette heure-ci. Elle a eu une sensation de froid qui lui a parcouru tout le corps et s&rsquo;est mise à claquer des dents.</p>
<p>— Mais c&rsquo;est pas possible ! a-t-elle hurlé. Bon, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un bain chaud qui pourra me réchauffer.</p>
<p>Elle est entrée dans sa salle de bain vieillotte, a laissé couler l&rsquo;eau brûlante dans la baignoire et y a ajouté un peu de bain moussant. Autant se faire plaisir, après tout ! Une fois que l&rsquo;eau a atteint une hauteur raisonnable pour elle, elle s&rsquo;est dévêtue, a glissé un pied dans l&rsquo;eau, puis un autre, et s&rsquo;est laissée peu à peu immergée dans la douce chaleur qu&rsquo;elle ressentait.<br />
Durant ce moment hors du temps, Alice en a profité pour fermer les yeux et se détendre. C&rsquo;est étrange tout de même, car même dans de l&rsquo;eau bouillante, elle sentait encore ce froid au plus profond de ses os. Et elle n&rsquo;arrivait pas à chasser cette fatigue qui la suivait depuis son réveil. Elle a ouvert les yeux et a regardé par la fenêtre juste au-dessus de la baignoire. Depuis le cinquième étage, elle avait une excellente vue sur les environs. Pourtant, les rues étaient totalement désertes et la brume s&rsquo;installait de plus belle encore.</p>
<p>— D&rsquo;accord, c&rsquo;est dimanche, a-t-elle pensé, mais il doit bien être neuf heures passées à présent.</p>
<p>C&rsquo;est étrange qu&rsquo;il n&rsquo;y ait personne en rue, qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas la file chez le boulanger ou que personne n&rsquo;aille promener son chien au parc du coin.<br />
Alice s&rsquo;est relevée et a senti sa tête qui s&rsquo;est mise à tourner. Elle s&rsquo;est rattrapée sur le bord de la baignoire et a attendu que sa vue et sa tension se stabilisent. Elle s&rsquo;est rapidement séchée, a enfilé le pyjama qu&rsquo;elle venait de quitter 20 minutes plus tôt et s&rsquo;est regardée dans le miroir. Ses cheveux partaient dans tous les sens, elle avait de gros cernes sous les yeux et son visage semblait encore bouffi de son sommeil.<br />
Lorsqu&rsquo;elle est sortie de la baignoire et qu&rsquo;elle a aperçu sa tasse de café près de la machine à café dans la cuisine, elle s&rsquo;est figée.</p>
<p>— Comment c&rsquo;est possible ? J&rsquo;ai pris ma tasse avec moi dans le salon, je l&rsquo;ai posée sur la table quand j&rsquo;ai donné des claques à la télé et je l&rsquo;ai laissée là. A aucun moment je ne l&rsquo;ai ramenée dans la cuisine !</p>
<p>Elle a senti son pouls qui s&rsquo;accélérait et la panique qui montait en elle. Elle s&rsquo;est jetée sur son téléphone. Aucun message. Elle a essayé d&rsquo;appeler sa mère. Le téléphone a sonné une fois avant que la connexion ne se rompe. Et puis, son regard a été attiré vers le haut de son téléphone portable. Elle a lu l&rsquo;heure qui y était notée : 8h32.</p>
<p>— Mais c&rsquo;est impossible ! a-t-elle hurlé. Je me suis levée à 8h32 et avec tout ce qu&rsquo;il s&rsquo;est passé, il ne peut pas être encore si tôt.</p>
<p>Elle s&rsquo;est précipitée vers sa chambre, est entrée avant de s&rsquo;arrêter net. Elle l&rsquo;a vu. Ou plutôt, elle s&rsquo;est vue elle. Elle était encore allongée dans son lit, sa main gauche qui pendait, sa bouche grande ouverte.<br />
À pas lents, elle s&rsquo;est approchée de son corps. Suis-je encore endormie&#8230; ou suis-je morte, a-t-elle pensé. Elle est arrivée près du lit, s&rsquo;est agenouillée, a attrapé la couette du bout des doigts et l&rsquo;a tirée d&rsquo;un coup sec.<br />
NOIR.</div>
			</div>
			</div>
				
				
				
				
			</div><div class="et_pb_row et_pb_row_3">
				<div class="et_pb_column et_pb_column_4_4 et_pb_column_3  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough et-last-child">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_module et_pb_divider et_pb_divider_2 et_pb_divider_position_center et_pb_space"><div class="et_pb_divider_internal"></div></div><div class="et_pb_module et_pb_text et_pb_text_4  et_pb_text_align_right et_pb_bg_layout_light">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_text_inner"><p>David Giuliano &#8211; 2024</p></div>
			</div><div class="et_pb_module et_pb_divider et_pb_divider_3 et_pb_divider_position_center et_pb_space"><div class="et_pb_divider_internal"></div></div>
			</div>
				
				
				
				
			</div>
				
				
			</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Nuit d&#8217;été</title>
		<link>https://david-giuliano.com/nuit-d-ete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[David Giuliano]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Nov 2024 16:08:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nouvelles et Récits]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://david-giuliano.com/?p=3652</guid>

					<description><![CDATA[]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="et_pb_section et_pb_section_2 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
				<div class="et_pb_row et_pb_row_4">
				<div class="et_pb_column et_pb_column_4_4 et_pb_column_4  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough et-last-child">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_module et_pb_post_title et_pb_post_title_2 et_pb_bg_layout_light  et_pb_text_align_left"   >
				
				
				
				
				
				<div class="et_pb_title_container">
					<h1 class="entry-title">Nuit d&rsquo;été</h1>
				</div>
				
			</div><div class="et_pb_module et_pb_image et_pb_image_2">
				
				
				
				
				<span class="et_pb_image_wrap "><img loading="lazy" decoding="async" width="1280" height="312" src="https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2024/11/recits-et-nouvelles-david-giuliano-nuit-d-ete.webp" alt="Contes, récits et nouvelles de David Giuliano" title="" srcset="https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2024/11/recits-et-nouvelles-david-giuliano-nuit-d-ete.webp 1280w, https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2024/11/recits-et-nouvelles-david-giuliano-nuit-d-ete-980x239.webp 980w, https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2024/11/recits-et-nouvelles-david-giuliano-nuit-d-ete-480x117.webp 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1280px, 100vw" class="wp-image-3656" /></span>
			</div><div class="et_pb_module et_pb_text et_pb_text_5  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_text_inner">Désert du Nevada. Une nuit étoilée sans le moindre nuage à l&rsquo;horizon. Température extérieure : 30 degrés.<br />
Miguel est allongé sur le toit de sa voiture. Il a des cheveux noirs courts, des yeux gris, une barbe de trois jours. Il a enlevé son t-shirt et l&rsquo;a roulé en boule sous sa tête. Son torse est moite. Cette nuit est sans doute la nuit la plus chaude de l&rsquo;été. Il a les yeux fixés sur les étoiles. Il a tenté de les compter mais s&rsquo;est arrêté à 327. Depuis tout petit, il est convaincu que toutes ces étoiles sont les âmes des défunts qui veillent sur les vivants. Et s&rsquo;il cherche assez longtemps, peut-être qu&rsquo;il trouvera son étoile protectrice&#8230; ?<br />
Miguel se relève et observe les alentours. Personne. Où sont-ils donc passés ? Ils ne devaient en avoir que pour une demi-heure maximum, et cela fait plus d&rsquo;une heure qu&rsquo;il attend comme un idiot sur le toit de cette voiture à la peinture rouge qui a pali avec le temps. Il saute d&rsquo;un bond sur l&rsquo;asphalte et allume la radio. Le son crépite, puis une vieille chanson espagnole se fait entendre. Miguel ramasse un caillou sur le sol et le jette vers le cactus sur le bord de la route. Il le rate impeccablement.</p>
<p>— Madre de dios ! A ce rythme, quand ils reviendront, je ne serai plus qu&rsquo;un squelette.<br />
— T&rsquo;inquiète pas, gringo. Nous revoilà. Fallait pas te foutre à poil pour nous, tu sais.</p>
<p>Un jeune homme aux longs cheveux noirs et portant des lunettes de soleil marche vers Miguel. Il referme la braguette de son bermuda et a jeté nonchalamment son t-shirt rouge sur son épaule droite. A ses côtés, une jeune femme brune. Elle tapote sa jupe plissée rose pour enlever le sable et la poussière qui s&rsquo;y trouvent. Elle avance vers Miguel et lui dépose un baiser sur la joue.</p>
<p>— Merci frérot. Je te revaudrai ça.<br />
— Laisse tomber. Faut vraiment rentrer là. On est à la bourre par votre faute, mais papá va encore me le reprocher. Comme pour tout, d&rsquo;ailleurs.<br />
— Fais pas cette tronche. Ça va s&rsquo;arranger. Et puis, tu es fort, non ? Tu sais que tu pourras toujours compter sur ta sœur préférée.<br />
— La seule aussi.</p>
<p>Miguel serre sa sœur dans les bras et lui ouvre la porte de la voiture. Enrique est déjà installé sur le siège passager, son coude posé sur le rebord de la vitre. Miguel s&rsquo;installe derrière le volant et met le contact. La voiture crachote un peu, puis le moteur tourne. Il avance sur la route éternellement droite. Enrique sort son paquet de cigarettes et en allume une. Il aspire quelques fois la fumée et la garde en bouche quelques secondes, avant de la recracher par la fenêtre. Il tend la cigarette vers Carmen, qui fait de même. Ils arrivent aux abords d&rsquo;une petite ville perdue au milieu du désert. Quelques lampadaires éclairent les rues. Aucune lumière aux fenêtres des maisons en bois. Miguel passe devant le bar, tourne au niveau de l&rsquo;épicerie de Mr. Alfonso, dépasse son ancienne école et arrive à l&rsquo;extrémité de la ville. Il y dépose sa sœur, qui l&#8217;embrasse sur le front avant de se diriger vers la porte d&rsquo;entrée d&rsquo;une maison en bois verni.</p>
<p>— N&rsquo;oublie pas que je suis là si tu as envie de compagnie. Je vais les travailler à l&rsquo;usure, tu verras.<br />
— Prends soin de toi, sœurette, murmure Miguel.</p>
<p>La voiture redémarre et quitte le village. Quelques centaines de mètres plus loin, un camp improvisé entouré de quelques roulottes. Miguel gare sa voiture à côté d&rsquo;autres vieilles caisses. Enrique et lui en sortent, et les deux jeunes hommes se dirigent vers la même roulotte.</p>
<p>— Tu sais, déclare Enrique, je pense demander ta sœur en mariage d&rsquo;ici quelques jours. Cela te dérangerait ?<br />
— C&rsquo;est pas à moi qu&rsquo;il faut le demander, gars. Faut voir ça avec papá.<br />
— Ton père ne refusera pas. Je le connais depuis qu&rsquo;on est gosses et je sais qu&rsquo;il m&rsquo;aime bien. Par contre, ton opinion m&rsquo;importe.<br />
— Depuis quand l&rsquo;opinion de quelqu&rsquo;un comme moi a de l&rsquo;importance&#8230;, murmure Miguel.<br />
— Arrête de te lamenter. Ressaisis-toi un peu ! C&rsquo;est pas ton style. Ça s&rsquo;arrangera bien. Et tu sais que tu seras toujours le bienvenu chez ta sœur et moi.</p>
<p>Les deux jeunes hommes rentrent dans la roulette, jettent leurs affaires dans un coin et se roulent sous leurs draps. Miguel a la tête qui bourdonne. Il se retourne sans cesse sous les draps. Il se redresse à moitié.</p>
<p>— Merci Enrique, dit-il à mi-mot.</p>
<p>De l&rsquo;autre côté de la pièce, le jeune homme ronfle. Miguel se recouche et s&rsquo;endort en quelques minutes.</p>
<p>Le lendemain, les deux jeunes hommes se lèvent à l&rsquo;aube. Ils sortent de la roulotte, remplissent une bassine d&rsquo;eau à la pompe de fortune et y font leur toilette. Ils retournent dans la roulotte et se préparent pour leur journée de travail. Enrique travaille comme menuisier. Il embarque dans la voiture d&rsquo;un habitant de ce camp de fortune et quitte l&rsquo;endroit, saluant Miguel d&rsquo;un geste de la main. Miguel, lui, est garagiste. Il entre dans sa vieille auto et met cap sur la ville. Il se gare à quelques pas du garage et entre en saluant tout le monde, un large sourire aux lèvres. Son regard est triste.</div>
			</div><div class="et_pb_module et_pb_text et_pb_text_6  et_pb_text_align_center et_pb_bg_layout_light">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_text_inner">*****</div>
			</div><div class="et_pb_module et_pb_text et_pb_text_7  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_text_inner">Miguel est adossé à sa roulette. Son débardeur blanc et son jean sont couverts de cambouis. Il tient une cigarette roulée à la main. Sa tête est baissée, ses yeux fixent le sol.</p>
<p>— Putain ! Comment peut-on être aussi con ?</p>
<p>Il se relève et entre dans la roulette. La chaleur y est suffocante. Il sort une boite cachée derrière ses vêtements. Il l&rsquo;ouvre et y prend une seringue et un flacon. Il perce le flacon avec l&rsquo;aiguille de la seringue et aspire le liquide. Avec une bande de tissu, il se fait un garrot au niveau du biceps gauche. Il enfonce la seringue dans son bras. En plein dans une veine. Il appuie, et le produit se distille lentement dans ses veines.<br />
Miguel s&rsquo;allonge sur son lit. Il respire calmement. Il sue à grosses gouttes. Il enlève son débardeur et son jean et se retrouve en caleçon sur son lit. Une sensation d&rsquo;apaisement envahit tout son corps, suivi de flashs rapides. Des visages apparaissent devant ses yeux, des couleurs, des formes. Puis, une sensation désagréable. Et Miguel perd connaissance.</div>
			</div><div class="et_pb_module et_pb_text et_pb_text_8  et_pb_text_align_center et_pb_bg_layout_light">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_text_inner">*****</div>
			</div><div class="et_pb_module et_pb_text et_pb_text_9  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_text_inner">Lorsqu&rsquo;il ouvre les yeux, Miguel est dans son lit, un fin drap blanc le recouvrant jusqu&rsquo;au cou. A ses côtés, Enrique et Carmen. Sa sœur a les yeux rouges, gonflés par les larmes versées peu de temps avant. Elle lui tient la main.</p>
<p>— Enrique, il se réveille, souffle Carmen.<br />
— La princesse a bien dormi ? ricane Enrique.<br />
— Que s&rsquo;est-il passé ? grommelle Miguel.<br />
— Il s&rsquo;est passé que tu as fait la plus grosse connerie de ta vie, frérot ! Heureusement que Enrique t&rsquo;a trouvé rapidement et que le médecin a pu t&rsquo;aider. Sans lui, tu ne serais plus parmi nous. Mais qu&rsquo;est-ce qui t&rsquo;a pris de faire une chose aussi stupide ?<br />
— Je voulais simplement me sentir bien, murmure Miguel.<br />
— Te sentir bien ? Si tu ne vas pas bien, tu en parles avec nous ou avec d&rsquo;autres personnes Tu racontes ce que tu as sur le cœur et tu te soulages. La drogue n&rsquo;a jamais rien résolu. Tu le sais pourtant ! Et où as-tu trouvé ce truc, dit-elle en désignant la seringue du doigt.<br />
— Je l&rsquo;ai trouvé dans les affaires de Pedro, quand on s&rsquo;est chargé de vider sa roulette après sa&#8230;, répond Miguel.</p>
<p>Carmen regarde son frère. Elle ne l&rsquo;avait jamais vu aussi faible et désemparé. Elle n&rsquo;a jamais vu son frère pleurer. A ses yeux, il était le plus grand, le plus fort, celui sur qui elle pourrait toujours compter. A cet instant, elle ne voyait pas son grand frère allongé dans un lit. Elle y voyait un enfant terrifié et perdu.<br />
Elle pose sa tête contre le torse de son frère et entend le battement de son cœur. Heureusement, il bat encore. Une larme coule le long de sa joue.</p>
<p>— Tu sais Miguel, hier soir, on ne savait pas si tu allais survivre à la nuit. J&rsquo;étais dehors, je tremblais comme une feuille et je versais toutes les larmes de mon cœur. J&rsquo;ai levé les yeux au ciel et j&rsquo;ai vu les étoiles. Je sais que tu crois qu&rsquo;elles sont les âmes des morts qui nous protègent de là-haut. J&rsquo;ai choisi une étoile éloignée mais bien plus brillante que toutes les autres. Et j&rsquo;ai prié de toute mon âme qu&rsquo;elle te protège et qu&rsquo;elle te permette de survivre. Que tu restes avec moi pour que je puisse danser avec toi à mon mariage. Et tu es là. Tu sais Miguel, je pense que j&rsquo;ai trouvé l&rsquo;étoile qui te protège.</p>
<p>La respiration de Miguel s&rsquo;est adoucie. Il dépose un baiser sur les cheveux de sa sœur et, pour la première fois de sa vie, il pleure.</div>
			</div>
			</div>
				
				
				
				
			</div><div class="et_pb_row et_pb_row_5">
				<div class="et_pb_column et_pb_column_4_4 et_pb_column_5  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough et-last-child">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_module et_pb_divider et_pb_divider_4 et_pb_divider_position_center et_pb_space"><div class="et_pb_divider_internal"></div></div><div class="et_pb_module et_pb_text et_pb_text_10  et_pb_text_align_right et_pb_bg_layout_light">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_text_inner"><p>David Giuliano &#8211; 2024</p></div>
			</div><div class="et_pb_module et_pb_divider et_pb_divider_5 et_pb_divider_position_center et_pb_space"><div class="et_pb_divider_internal"></div></div>
			</div>
				
				
				
				
			</div>
				
				
			</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Bruit des sous-tasses</title>
		<link>https://david-giuliano.com/le-bruit-des-sous-tasses/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[David Giuliano]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Nov 2024 14:57:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Nouvelles et Récits]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://david-giuliano.com/?p=3643</guid>

					<description><![CDATA[]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="et_pb_section et_pb_section_3 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
				<div class="et_pb_row et_pb_row_6">
				<div class="et_pb_column et_pb_column_4_4 et_pb_column_6  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough et-last-child">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_module et_pb_post_title et_pb_post_title_3 et_pb_bg_layout_light  et_pb_text_align_left"   >
				
				
				
				
				
				<div class="et_pb_title_container">
					<h1 class="entry-title">Le Bruit des sous-tasses</h1>
				</div>
				
			</div><div class="et_pb_module et_pb_image et_pb_image_3">
				
				
				
				
				<span class="et_pb_image_wrap "><img loading="lazy" decoding="async" width="1280" height="312" src="https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2024/11/recits-et-nouvelles-david-giuliano-le-bruit-des-sous-tasses.webp" alt="&quot;Le Bruit des sous-tasses&quot;, un récits de David Giuliano" title="" srcset="https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2024/11/recits-et-nouvelles-david-giuliano-le-bruit-des-sous-tasses.webp 1280w, https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2024/11/recits-et-nouvelles-david-giuliano-le-bruit-des-sous-tasses-980x239.webp 980w, https://david-giuliano.com/wp-content/uploads/2024/11/recits-et-nouvelles-david-giuliano-le-bruit-des-sous-tasses-480x117.webp 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 1280px, 100vw" class="wp-image-3648" /></span>
			</div><div class="et_pb_module et_pb_text et_pb_text_11  et_pb_text_align_left et_pb_bg_layout_light">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_text_inner">Elle s’assurait de poser chaque pied sur la même marche avant de s’élancer sur la suivante. Le sol craquait aussi fort que ses vieux os, et pourtant c’était le silence qui faisait le plus de bruit dans cette demeure.<br />
Une fois arrivée au rez-de-chaussée, elle s’est dirigée vers la cuisine, a allumé la machine à café et a récupéré sa tasse habituelle. Celle qu’il préférait, avec l’ouverture un peu plus évasée. Elle s’est installée à table, a siroté sa boisson chaude tout en craquant dans une craquotte tartinée de confiture à la prune. Ses bruits de mastication résonnaient dans la cuisine, mais ça ne la dérangeait pas.<br />
Elle est passée devant l’armoire près du four, a esquissé un geste mais s’est ravisée. Elle a vérifié l’écran de son téléphone, et ensuite direction la salle de bain. Elle s’est coiffée, puis s’est brossée les dents avec son dentifrice mentholé. Il l’adorait, celui-là, elle ne sait pas trop pourquoi. Elle a enfilé la robe bleue avec les fleurs jaunes, s’est parfumée et a ouvert la fenêtre de sa chambre.<br />
Arrivée dans son salon, elle a empoigné son livre et a lu. Une nouvelle journée de silence démarrait.</p>
<p>L’heure du goûter approchait. Pour elle et lui, c’était devenu le moment des confidences autour d’une sucrerie. C’est fou ce que le sucre avait le pouvoir d’adoucir la plus amère des révélations. Il n’était plus là, mais elle avait continué à vivre ce rituel, seule dans sa cuisine. Elle se mettait alors à raconter tout ce qu’elle avait sur le cœur, et il s’agissait sans doute de l’unique moment de la journée où une voix humaine résonnait encore dans la maison.<br />
Elle a servi le thé à la violette dans sa tasse aux bordures dorées, a amené le cake à la vanille à table, et a remarqué qu’il n’y avait ni assiette, ni sous-tasse. Elle a marché jusqu’au vaisselier et a récupéré deux sous-tasses. Elles conviendraient aussi bien pour la tasse que pour la tranche de gâteau. Les sous-tasses ont tinté entre ses doigts. Elle s’est retournée, et il se tenait juste là, sur son siège.</p>
<p>— Et bien ? Qu’est-ce que tu fais là ?</p>
<p>Il la regardait, les yeux grands ouverts.</p>
<p>— Tu arrives justement au bon moment. Tu n’avais jamais raté ce rendez-vous. Je remarque que cela n’a pas changé.</p>
<p>Elle a servi une tranche de cake sur une sous-tasse, puis ses friandises préférées sur l’autre. Heureusement, il lui en restait encore quelques-unes. Il n’y a pas touché. Il n’a même rien dit. Cela ne lui ressemblait pas.</p>
<p>— Qu’est-ce qu’il se passe ? Tu veux me dire quelque chose ?<br />
Il a légèrement bougé sa tête sur le côté.<br />
— Bon, si tu ne veux rien dire, c’est comme tu veux. Moi, j’ai mon thé qui refroidit et ce cake qui m’attend. Quand tu te seras décidé, tu me préviens.</p>
<p>Elle a savouré ce moment. Savouré sa présence. Même s’il ne disait rien, il était là, près d’elle. Ce qu’il lui avait manqué. Elle n’avait jamais su rester fâchée sur lui très longtemps. Même si elle affichait sa mine boudeuse, son cœur battait la chamade de le revoir.<br />
Elle a avalé la dernière gorgée de thé, tandis que lui n’avait pas touché à ses friandises.</p>
<p>— Tu n’en veux pas ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Tu es fâché contre moi ? J’ai pourtant fait tout ce qu’il fallait pour éviter ça, tu sais.</p>
<p>A nouveau, il restait silencieux.</p>
<p>— Bon, si un jour tu te décides, tu me préviens. Je vais débarrasser et reprendre ma lecture. Tu connais la maison, tu sais où tu pourras me trouver.</p>
<p>Elle a nettoyé sa vaisselle en prenant soin de laisser la sous-tasse garnie de friandises sur la table. Elle s’est réinstallée dans son divan, puis a repris sa lecture.<br />
Peu de temps après, il est arrivé dans le salon. Il s’est installé dans le divan, callé entre elle et l’accoudoir, comme il aimait le faire. Cette présence l’avait tellement manqué. Comme un vide dans son cœur et dans sa vie qui l’avait rendue incomplète depuis cette soirée pluvieuse. Elle a posé son livre près d’elle, a posé sa main sur lui et a fermé les yeux. Elle sentait sa douce chaleur, et ça lui emplissait la poitrine d’amour et de reconnaissance. Comment pouvait-il revenir après ces quelques années ? Elle ne le savait pas et ne voulait pas savoir. Seul ce moment comptait.<br />
Elle a doucement baissé la tête. Elle était heureuse lorsqu’elle a rendu son dernier soupir.<br />
Il y avait une forte lumière blanche qui brillait à quelques pas d’elle. Elle n’avait pas halluciné : il était bien revenu la chercher. Elle s’est penchée, a serré son chat contre son cœur. Il s’est mis à ronronner. Ensemble, ils sont passés de l’autre côté. Ensemble.</div>
			</div>
			</div>
				
				
				
				
			</div><div class="et_pb_row et_pb_row_7">
				<div class="et_pb_column et_pb_column_4_4 et_pb_column_7  et_pb_css_mix_blend_mode_passthrough et-last-child">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_module et_pb_divider et_pb_divider_6 et_pb_divider_position_center et_pb_space"><div class="et_pb_divider_internal"></div></div><div class="et_pb_module et_pb_text et_pb_text_12  et_pb_text_align_right et_pb_bg_layout_light">
				
				
				
				
				<div class="et_pb_text_inner"><p>David Giuliano &#8211; 2024</p></div>
			</div><div class="et_pb_module et_pb_divider et_pb_divider_7 et_pb_divider_position_center et_pb_space"><div class="et_pb_divider_internal"></div></div>
			</div>
				
				
				
				
			</div>
				
				
			</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
